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Feuilleton : La crise repart de plus belle au PCRN

Écrit par sur 22 avril 2024




Après avoir annoncé la convocation d’un congrès à la fin du mois de Mai, le dissident Robert Kona s’affiche avec un ponte du RDPC en  brandissant un portrait de Paul Biya. Cabral Libii et ses partisans ne décolèrent pas.  

La crise en cours au Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) a connu de nouveaux rebondissement ces 10 derniers jours. Le 12 Avril 2024, un communiqué de Robert Kona, un des fondateurs aujourd’hui opposé au président Cabral Libii annonçait pour les 25 et 26 Mai 2024 à Maroua un congrès. Il tentait de justifier la convocation de cette assise par le fait que le poste de président avait été attribué à Cabral Libii pour deux ans et « à titre honorifique ». Il ajoutait : « n’ayant pas respecté les clauses ni l’idéologie du PCRN, son mandat n’a pas été renouvelé. En outre, son mandat étant arrivé à son terme depuis 2021, il agit désormais en qualité d’imposteur au nom du PCRN ». La réaction du camp opposé ne s’est pas fait attendre.

Cabral Libii

 

Dans des publications ventilées sur Facebook, la députée Rolande Ngo Issi Mbock dénonce et menace.  Elle accuse le gouvernement de vouloir « remplacer tous les militants du PCRN en se  substituant à ces milliers de Camerounais et en opérant comme des brigands dans les affaires internes de notre parti politique. Car comment comprendre qu’un individu exclu  du parti comme on le voit  dans le parti au pouvoir le RDPC, se permet d’annoncer la tenue d’un congrès et que le gouvernement via le Ministre de l’Administration Territoriale et compagnie se permettent de pousser la provocation aussi loin », se demande la députée du Nyong-et-Kellé.  « Alors pour votre gouverne ce congrès n’aura pas lieu et s’il faut qu’il se tienne trouvez assez d’espace dans les prisons où vous mettrez tous les militants du PCRN. Les dissidences que vous avez créé demeurent et seul le tribunal de première instance de KAÉLÉ tranchera.  Ceci est un avertissement public, quand c’est trop c’est laid et lorsque que c’est laid on sauve l’honneur et la raison .  Que le Gouverneur de l’Extrême Nord à qui j’adresse mes chaleureuses salutations, se tienne bien sur ses pieds. Le respect des institutions n’est pas une faiblesse », ajoute-t-elle.

De façon plus officielle, le PCRN pro-Cabral Libii, sous la plume de son secrétaire national à la communication Armand Okol s’en prenait aux médias à capitaux publics dans un communiqué. Il déclare avoir « constaté avec effarement le parti pris ostentatoire des médias à capitaux publics (Crtv et Cameroon Tribune) ces derniers temps dans le traitement de l’actualité liée à notre Parti ». Et de poursuivre : « il est donc loisible d’observer que depuis la fin de l’année 2023, le positionnement desdits supports de communication est malsain et nocif lorsqu’il leur est donné de traiter du sujet du PCRN, dans un timing concomitant avec la persécution du MINAT, dont la coïncidence est donc suffisamment révélatrice de ce que ces deux médias sont aux ordres et à la solde des membres du gouvernement clairement identifiés et démasqués, ayant depuis lors ourdi le plan machiavélique visant à semer la zizanie au sein du PCRN ».

Robert Kona (en habit bleu) au meeting du RDPC le 20 Avril 2024 à Garoua

Le 21 Avril 2024, des images postées sur les réseaux sociaux montrent Robert Kona assistant  à un meeting de soutien à une candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle prévue en 2025. Le vieil homme brandit une effigie de Paul Biya. La manifestation, organisée le 20 Avril 2024 à Garoua connait aussi la participation de  Fadil Bayero haut cadre du RDPC et d’autres pontes du parti au pouvoir. Cabral Libii est retourné par ce qu’il voit : « Je l’avoue, ça m’attriste. Sans doute c’est parce qu’il a été définitivement exclu du PCRN à la demande des deux autres pères fondateurs du parti (Massardine Albert Fleuri et Wanfeo William) exaspérés par ses indélicatesses, qu’il rejoint notre principal adversaire politique. Même si cette trajectoire est logique au regard de ses récentes fréquentations, il demeure qu’avec lui nous avons œuvré un moment ensemble, pour l’alternance politique au Cameroun. Que Dieu lui fasse Grâce, même si nous connaissons le sort de tous ceux qui l’ont précédé dans cette voie… Triste, je suis.». Que nous réserve la suite de cet autre mélodrame de la vie politique camerounaise ?

 

 

 


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