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Sangmelima: trois élèves renvoyés de l’école pour croyance en un prophète

Écrit par sur 1 novembre 2021

C’est le 19 octobre 2021 que Patrick Albéric ABOTO (1ère C), Hervé ONANA MBIDA (2nd A4 ALL), et Christian OKONABENG ( 3e Esp), sont renvoyés du lycée classique et moderne de Sangmelima pour croyance au «prophète» Kacou Philippe.

 

Ils se sont rendus à l’école ce 19 octobre comme d’habitude, loin de s’imaginer que ce serait la dernière fois. Patrick Albéric ABOTO, Hervé ONANA MBIDA et Christian OKONABENG, élèves régulièrement inscrits, sont définitivement renvoyés du lycée classique et moderne de Sangmelima, à cause de leur croyance en leur prophète Kacou Philippe . Joint par Radio Balafon le 29 octobre par l’intermédiaire de l’un de leurs frères d’église, à la suite d’un communiqué sur l’affaire, Patrick Albéric ABOTO raconte: « J’ai été renvoyé du lycée à cause du message. J’étais à l’école et je faisais cours. On est venu me voir à l’école, ils m’ont trouvé en classe, m’ont posé des questions. Ils m’ont demandé si je connais le prophète Kacou, j’ai répondu que je suis un disciple du prophète Kacou Philippe. Ils ont commencé à dire qu’on appartient à une secte… Ils ont dit, qu’à cause du message que nous prêchons nous allons envoûter les autres enfants. Quelques minutes après ils sont revenus nous chercher en salle de classe. Nous sommes allés au «provisorat. Là-bas, j’ai parlé d’un troisième frère et on l’a interpelé également. Puis ils ont fait appel au commissaire, et au sous-préfet. Le sous-préfet a beaucoup parlé, lorsque je voulais me défendre on me coupais la parole. Il a commencé à dire : « ce gourou de Kacou Philippe je vais mettre la main sur lui. J’étais tranquille et quand il posait une question je répondais ».

 

Selon Patrick Albéric, tout serait parti de la grand-mère de Christian qui a formulé une plainte selon laquelle ce dernier est devenu désobéissant : _« elle a menti »_, affirme Patrick. Les autorités n’étaient les seules conviées à ce conseil de discipline : « Parmi eux, il y avait un féticheur, qui nous posait des questions. On répondait mais lorsque nous essayons de faire de même ça devenait problématique. Le sous-préfet ne supportait pas qu’on appelle Kacou Philippe en sa présence. On a fait appel à nos parents. Ils sont arrivés. Puis le proviseur a posé la question à Hervé de savoir : « entre ton père et Kacou Philippe qui préfères-tu? Et le frère a dit qu’il préfère le prophète Kacou Philippe. Il m’ont posé la même question et j’ai donné la même réponse, ils ont posé la question à Christian et il a dit la même chose. Ils ont déduis qu’on n’était plus raisonnable», explique Patrick Albéric ABOTO.

 

Par la suite une mini enquête sera effectuée. « Ils ont fait une enquête auprès de tous ceux qui étaient présents et puis ont signé notre renvoie. Nos parents étaient très furieux au moment de rentrer. On m’a rappelé au « provisorat » et j’ai revu le même féticheur. Je lui ai posé une seule question qu’il n’a pas pu répondre. Il y avait un censeur à côté qui s’est vexé et m’a giflé. Jusqu’à présent j’ai toujours cette lèvre enflée. Ils nous ont pris en photo et nous ont dit qu’ils allaient piétiner le prophète. Le sous-préfet a demandé qu’on nous amène au commissariat. Une fois là-bas, ils nous ont interrogé à nouveau. Ils ont demandé à voir notre lieu de culte. Je suis allé leur montré l’assemblée puis ils m’ont relâché », raconte Patrick Albéric.

 

Kacou Philippe est en effet un  » prophète  » de nationalité ivoirienne qui se définit comme étant l’intercesseur entre Dieu et les hommes. Ses disciples l’appellent « le prophète de notre temps ». Ces derniers ont pour mission de partager le message de Kacou Philippe, qui est de croire en lui, « envoyé de Dieu », afin de trouver le Salut. Les disciples de Kacou Philippe sont réputés pour leur foi ferme en ce dernier. Il n’hésite jamais de partager le message de leur prophète où qu’ils se trouvent. Message très souvent mal accueilli par leurs interlocuteurs. Ces derniers sont souvent victime de stigmatisation. Dans le communiqué sur le renvoi de ces trois élèves, il est souligné que c’est à cause de leur foi.

 

Joël FOKAM SANDIO (Stg)


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