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« L’Etincelle de lecture » de Blanche BITGA : TABAGISME AU CAMEROUN : UNE JEUNESSE ENFUMEE

Écrit par sur 3 juin 2024




La problématique du tabagisme devient chaque jour un peu plus préoccupante au Cameroun, d’autant qu’elle touche des couches de  plus en plus jeunes de la société. Les mises en garde sur les dangers de la cigarette ne semblent plus effrayer, mieux, tout semble réuni pour les encourager à s’y adonner. Tabagisme au Cameroun : une jeunesse enfumée.

 

Au Cameroun, pays du « faites ce que je dis mais ne faites en aucun cas ce que je fais », les exemples valent mieux que les avertissements.  Et en matière de tabac, les exemples sont multiples et clairs quant au dessein apparent de l’Etat pour sa jeunesse : L’enfumer chaque jour un peu plus. Aucun contrôle sur l’âge d’achat d’une cigarette, pas de règles ou consignes aux vendeurs ou revendeurs, des interdits comme celui de la chicha qui sont transgressés au vu et au su de tous. Les adultes et leurs enfants partagent les mêmes galères et les mêmes briquets.  Le gouvernement dit vouloir combattre le  tabagisme en milieu jeune, mais distribue les licences d’ouverture des débits de boisson à chaque coin de  lycée, collège et désormais école primaire aussi. Et tout le monde sait que qui dit alcool, dit fumée.

En 2020, les jeunes âgés entre 15-24 ans ont dépensé environ 4123 francs Cfa chaque mois pour fumer. Quasiment la totalité de l’argent de poche d’un enfant de classe modeste sur la même période. Il aura donc plus fumé qu’il n’aura mangé, et ses poumons ainsi rudoyés, le seront encore plus quand il devra marcher pour regagner le domicile, parce qu’il aura fumé son argent de transport aussi. Des cigarettes qu’ils consomment très souvent alors qu’ils arborent encore la tenue scolaire, le boutiquier du coin plus préoccupé par l’envie de combler le  gap que lui cause la nouvelle taxation sur l’importation des cigarettes que par le santé de cet enfant plutôt insolent et aux allures de délinquant, qui semble d’ailleurs ne pas en être à la première cigarette de sa vie.

Au ministère de la santé publique, ça multiplie les réunions, colloques et symposiums sans réussir à trouver une issue, apparemment pas même de la salle; les affaires sociales continuent de compter les enfants de la rue ou dans  la rue ; le commerce fait ses bonnes affaires avec les gros importateurs de cigarette et renfloue les caisses (allez savoir de qui) ; les préfets distribuent les licences d’ouverture des débits de boissons au gré des citations de  la hiérarchie, il en pleut carrément. Les parents, derniers remparts, sombrent dans l’alcool désormais à portée de main et la cigarette pour tenter d’oublier leur misère. Personne pour reprocher à ce jeune de ne pas faire ce qu’on lui dit mais ce qu’il voit les adultes faire.

Même si c’est dans le feu et la fumée que le forgeron modèle son fer, le fer de lance de la  nation Cameroun lui, doit être moulé au gré d’idéaux de prospérité et d’intégrité, la tout dans la bonne santé. Il est temps que cesse la prise de mesures, et qu’ensemble on confectionne une jeunesse prête à porter…porter haut le vert-rouge-jaune.

Ecouter la version audio du billet de Blanche Bitga ici


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