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« L’Etincelle de lecture » de Blanche Bitga: MARIAGES AU CAMEROUN : DESORMAIS UN  CDD ?

Écrit par sur 9 mai 2024

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Une photo faisant état de plus de 150 affaires de divorce enregistrées au babillard du Tribunal de Première Instance de Ndokoti à Douala pour une seule journée, a récemment embrasé le Meta camerounais. Même s’il s’est avéré après enquête, que seule la moitié de la liste était consacrée au divorce, il n’en demeure pas  moins que le chiffre est alarmant : le mariage perd de sa consistance.  On nage désormais en plein contrat à dure déterminée. 

 

Aujourd’hui, le mariage semble être devenu l’objectif numéro deux des jeunes filles et garçons, juste derrière la richesse et le pouvoir qui va avec. A tout prix et à tous les prix, c’est à  qui aura la plus belle robe, la plus grande cérémonie, le meilleur parti. D’ailleurs ils en ont fait toute une émission de téléréalité. Les demandes en mariage pleuvent au rythme des challenges tiktok. Plus besoin de longues fiançailles, encore moins de validation par les parents pour certains. « Le mariage, c’est deux personnes »,  vous lancent-ils à la figure. On dit se marier par amour, mais l’Amour pour qui ou pour quoi ?  Là est la grande question…

Au Cameroun, selon des statistiques du ministère de la Justice, la durée moyenne d’un mariage est de six mois. Dans ce même sillage, le site Internet datacameroon.com révèle qu’entre 2018 et 2020, 653 demandes de divorces ont été enregistrées dans la ville de Douala. Les causes évoquées vont de l’infidélité, l’adultère, violences conjugales, chômage, à l’incompatibilité d’humeur. Rien que ça !  L’engagement, le sacrifice et l’endurance ont cédé le pas à une sorte de contrat pour le meilleur. Chacun gardera son pire pour soi-même. De leur côté, les femmes réclament une égalité cependant choisie et partiale. De l’autre, des hommes qui pensent que la virilité se mesure à la force des coups de poing, ou qui ont opté pour le silence et la lâcheté quand le dialogue se fait infructueux.

Nous sommes alors très loin du partenariat que se veut être le mariage, désormais plus proche d’un Contrat à durée déterminée ; pour x ou y motif, à tort ou à raison, on met fin à la collaboration. Paradoxal  quand même, dans une époque où les coaches et conseillers matrimoniaux pullulent, sur les réseaux ou même en cabinet. Un siècle où on est sensé avoir compris que le psy n’est pas seulement pour l’Occident. Une génération où les pasteurs, prêtres et autres guides spirituels sont aussi nombreux qu’il pourrait y en avoir un pour chaque habitant.

On la croyait révolue l’époque des mariages arrangés, que nenni. Sauf que maintenant c’est chacun qui arrange son propre mariage, aux conditions ou pour les motivations qui lui sont favorables. Et c’est peut-être de ce côté qu’il faut chercher les raisons de cette fragilité du mariage de nos jours : pourquoi on se marie ?

Pourtant le mariage, socle même de la société, au-delà de cet acte écrit, de ce sacrement religieux, au-delà d’un anneau serti de diamant 18 carats que l’on brandi sur chaque selfie en guise de trophée, au-delà d’une cérémonie dans une immense salle avec 600 invités, au-delà du statut de « Madame » ou des références répétitives à « ma femme», au-delà de toutes ces manifestations apparentes dédiées très souvent au regard de la société…au-delà de tout ceci, eh bien le mariage devrait être cette union de deux familles, une alliance de deux esprits en communion parfaite avec leurs racines, un engagement de deux caractères, deux éducations, deux âmes, un engagement à s’enseigner chaque jour, jour après jour, l’un à l’autre. Une promesse d’être la moitié parfaite l’un de l’autre, pour le restant de sa vie sur terre.

 

 

 

 


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