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« L’ETINCELLE DE LECTURE » DE BLANCHE BITGA : HYGIENE MENSTRUELLE : QUAND LA MODERNITE TUE

Écrit par sur 30 mai 2024




Des serviettes hygiéniques

Elle est bien loin l’époque des serviettes découpées et pliées par nos grand-mères en guise de serviettes hygiéniques. Une époque que certains qualifieraient de rustique, mais qui pourtant ne connaissait pas autant de kyste, myomes, champignons, mycoses et autres maladies vaginales devenues courantes de nos  jours. Car aujourd’hui, à l’ère du tout industrialisé, les serviettes hygiéniques vont même jusqu’à être parfumées. Hygiène menstruelle : quand la modernité tue.

L’instinct est au dégoût, à la seule évocation d’un morceau de tissu ensanglanté qu’il faille laver, sécher, réutiliser avant de recommencer le rituel, avec d’autres bouts de tissus de rechange,  ainsi plusieurs jours le mois, chaque mois de l’année. On dira alors qu’elles sont sales, pauvres, indigènes. Pourtant ces elles, supposément sales pauvres et indigènes, n’ont pas connu ce qu’on appelle démangeaisons vaginales, mycoses, destruction des flores vaginales, kystes, myomes, odeurs, pertes blanches, vaginoses et je ne sais quelle autre pathologie des organes génitaux, du moins pas à la cadence accélérée rapprochée et répétitive que ces « On » qui les traitent de tous les noms d’oiseaux.

En effet, on se targue aujourd’hui d’avoir des garnitures dernier cri, peut-être pas de la même durée que celles des véhicules, mais qui au finish coutent autant cher. Car si ces produits industrialisés semblent rendre la vie facile en apparence, certains sont de véritables poisons pour la santé du vagin de la femme, et de ses consommateurs par ricochet, si on peut les qualifier ainsi. En tampon à usage interne, en serviettes de différentes épaisseurs selon le type de flux, parfois parfumées, importées ou fabriquées localement, personne ne peut vous assurer de la qualité de ce produit présent sur le marché camerounais, mais des spécialistes s’accordent à dire que c’est bien tout sauf du coton derrière ces lamelles de plastique, et bonjour les dégâts.

L’on se souvient qu’au plus fort de la crise sanitaire à coronavirus, des masques en tissu lavables, éco responsables et plus économiques, avaient été mis  sur le marché en quantité industrielle, pourquoi pas en faire autant pour les serviettes hygiéniques ? Une idée qui a d’ailleurs déjà été expérimentée dans ce même Cameroun, à échelle expérimentale et privée certes, mais  bel et bien faisable plus pour les adeptes du hygiénique et utile même si pas très pratique, que pour celles accro à la facilité, au fashionable et populaire. En attendant, climat tropical et chaud aidant, des centaines de milliers de vagins étouffent, leur flore détruite, mais personne ne veut en parler.

Le ministère de la femme est devenu ministère du 08 Mars ; celui de l’industrie plus préoccupé par les mines et en manque d’énergie électrique pour une industrialisation avancée du pays ; le département eau et énergie a de l’eau, sale, en grande quantité mais n’arrive toujours pas à en extraire suffisamment d’énergie pour booster le secteur industrie ; rien pour empêcher le commerce  d’importer chaque jour un peu plus sans véritable contrôle qualité des marchandises parfois périmées ou rejetées partout en Europe ; et en queue de chaine, des femmes complexées par un pseudo modernisme qui, sous l’emprise de publicités mensongères, se ruent sur des produits dont elles ignorent tout de la fabrication. Certains diront qu’il ne s’agit que de serviettes hygiéniques, pas une question de mort ou de vie ! Eh bien c’est ceux qui ont oublié que c’est par cette voie qui se trouve aujourd’hui menacée, que commence justement la création de la vie.


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