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La guerre de l’interprétation des textes ouverte à l’assemblée nationale

Écrit par sur 18 mars 2022

Comme un jeu de ping-pong, la guerre de l’interprétation des textes est ouverte à l’assemblée nationale du Cameroun depuis l’annonce le 11 mars dernier de la création du groupe parlementaire de l’opposition, baptisé  » union pour le changement « . Composé du SDF, du PCRN de l’UDC et l’UMS , ce groupe parlementaire vient de recevoir un coup de massue, de la part des députés de la majorité présidentielle, par ailleurs membre de la commission des lois constitutionnelles qui parlent d’illégalité.

 

Selon ces députés RDPC, ce groupe parlementaire est créé en violation de l’article 20 alinéa 1 et 2 des règlements intérieurs de la chambre basse du parlement camerounais. Des faits que l’honorable koupit Adamou de l’UDC balaie d’un revers de la main. Pour lui, cette sortie qu’il juge maladroite, n’est ni plus ni moins qu’une imposture parlementaire de la part des députés RDPC contestataire: « Ce sont les députés qui ont fait cette honteuse et maladroite sortie, qui sont pris en flagrant délit; non seulement de la violation de la loi portant règlement intérieur de l’assemblée. Mais également en flagrant délit de banditisme législatif. Ils ont tenté de réécrire les dispositions de l’article 20 alinéa 1, en enlevant le « s » sur Partis politiques. Vous savez comme moi que la réécriture d’une loi est une activité législative qui doit obéir à la procédure en la matière pour être opérée. »

 

Toujours selon lui, les deux députés RDPC, prendraient appui sur les dispositions de la loi portant formation d’un groupe parlementaire dans sa version anglaise afin d’étouffer ce sursaut de l’opposition. Or la version anglaise n’est que l’émanation de la version française: « Ceux qui restent encore et résistent à tenter de dire que cela n’est pas permis ne nous opposent plus l’article 20 alinéa 1 dans ses dispositions en français mais ils nous opposent cet article dans son écriture en langue anglaise. Parce que pour eux la version anglaise n’aurait pas d’ambiguïté dans l’interprétation alors que c’est pas le cas pour la version française. Mais nous tenons à dire qu’au Cameroun les textes originaux sont d’abord en version française avant d’être traduis en version anglaise »

En revanche, le constitutionnaliste louison Ambroise Essomba, enseignant de droit public à l’université de Douala, soutient la thèse d’une tentative de passage en force, des 4 partis de l’opposition. Sans gangs, il confirme l’illégalité de ce groupe parlementaire. Seulement, le député de l’Union Démocratique du Cameroun (UDC) persiste et signe, que leur démarche ne souffre d’aucune ambivalence. Au contraire elle réponds aux desiderata du peuple qui a longtemps réclamé cette union sacrée, souligne t-il.

La guerre des textes est donc lancée. Place à présent, à l’arbitrage du doyen d’âge, de l’assemblée nationale, qui compte pour cette 10 législature,152 députés RDPC et 28 députés de l’opposition (7 UNDP , 5 SDF, 5 PCRN, 4 UDC, 3 FSNC, 2 UMS et 2 MDR).

 

Elthon Djeutcha


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