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Grossesses à l’école: des sanctions disciplinaires annoncées pour les enseignants géniteurs

Écrit par sur 10 mai 2022

Exclusion des élèves enceintes au sein des établissements scolaires, la Ministre des enseignements secondaires sonne la fin de la discrimination. Dans une note ministérielle datée du 26 Avril 2022, Le patron des enseignements secondaires instruit l’admission de l’élève enceinte en salle de classe jusqu’à la 26ième semaine de grossesse. Ceci pour aller en accord avec les orientations du gouvernement en matière du maintien scolaire de tous les élèves sans discrimination.

 

C’est une circulaire ministérielle qui tend à être noyée et à peu circuler dans l’actualité au sein de l’enseignement secondaire déjà très problématique. Une note, signant la fin des exclusions des jeunes élèves filles enceintes au sein des établissements secondaires du Cameroun. Deux semaines après sa mise en circulation, l’équipe de balafon télévision s’est rendue au Lycée d’Akwa-nord pour vivre la réalité du terrain. Ici, la note ministérielle viendrait entériner une pratique déjà exécutée comme le précise Olivier Alima Mboumbouo, proviseur du Lycée d’Akwa-nord: « Le professeur Nalova Lyonga est une maman elle est dans la posture de la mère quand elle s’exprime de cette façon pour rendre officiel ce qui se faisait déjà avant. Ce qui se passait avant que ce soit ici ou ailleurs dès que la grossesse était visible on mettais l’élève en congé de maternité et la disposition de mettre l’élève auteur hors de l’établissement se faisait déjà ».

 

Les procédures prévues pour les sanctions disciplinaires des enseignants géniteurs encore floues

Mais la nouveauté dans cette note de la ministre des enseignements secondaires, est désormais les sanctions qui seront appliquées contre les enseignants ou tout autre personnel d’encadrement reconnu auteur de la grossesse de l’élève. Une pratique jugée immorale et à sévir par le proviseur du Lycée d’Akwa-nord Olivier Alima Mboumbouo : « On ne peut pas être encadreur et être en même temps auteur du grossesse. Parce que c’est vous qui devez dire à cet enfant dont vous êtes certainement l’aîné, que la meilleure voie pour toi c’est d’apprendre tes leçons. Vous ne pouvez pas tenir ce langage en journée et en soirée lui dire que vous êtes une très belle femme. Ça me plairait bien d’être avec vous. Ça n’a pas de sens. Lorsque l’auteur de la grossesse est soit un enseignant ou un personnel de l’établissement que ce dernier soit sanctionné sévèrement« . Seulement, les contours de l’application de ces sanctions sur enseignants auteurs de grossesses sur élèves ne sont pas encore très clairs. « Je pense que c’est le conseil de discipline qui doit notifier. J’estime pour ma part que la faute est suffisamment lourde pour être gérée uniquement au niveau de l’établissement. On a pas précisé. Mais dans la note de Madame le Ministre on peut lire :  » prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de l’enseignant et autre personnel d’encadrement reconnu auteur de la grossesse de l’élève ». Madame la Ministre s’adresse ici aux délégués régionaux, délégué départementaux, secrétaires à l’éducation et les chefs d’établissement scolaires. Donc j’imagine que le Chef d’établissement scolaire initie une sanction qui passe certainement par un conseil de discipline ». Un flou sur les procédures d’application de la note de  Nalova Lyonga que partage également certains parents. « Il faut maintenant qu’on essaie de voir quelles sont les mesures que le ministre va pouvoir mettre en place pour que cette note soit appliquée sur le terrain. Parce nos jeunes lorsqu’elles tombent enceintes à des âges assez précoces, il faut généralement des moyens psychologiques pour les accompagner. Il faut des encadreurs qui vont travailler avec elles pour les amener à traverser ces moments. » argue M Ndongmo.

 

Une décision diversement appréciée

Une circulaire certes salutaire pour éliminer la discrimination envers les filles enceintes et élèves, mais pas acceptée de tous. Anita est commerçante et toute remontée: « Permettre aux enfants filles enceintes de venir à l’école, ne pas les chasser est une très mauvaise décision. Ça permet que celles qui le font donnent le mauvais exemple aux autres. Pour moi c’est une très mauvaise décision« . Mais à côté, il reste qu’une femme qui tombe enceinte bien que scolarisée a droit à l’éducation. « Je suis totalement d’accord avec elle. Parce que chaque femme qui se met au lit avec un homme a ses raisons. Et une femme sur les bancs ne veut pas aussi dire qu’elle ne peut pas être mère. Si ça ne lui pose pas de problème de venir à l’école, je n’y vois pas d’inconvénients. Elle y a toute sa place« . Ajoute Monique.

Le patron des enseignements secondaires instruit ainsi l’admission de l’élève enceinte en salle de classe jusqu’à la 26ième semaine de grossesse, période à compter de laquelle l’élève peut demander un congé de maternité, et reprendre les cours après l’accouchement dans la mesure où les conditions le permettent. Le ministre Nalova prescrit d’ailleurs les mêmes mesures pour l’auteur de la grossesse, s’il est élève et instruit un accompagnement psychologique et psychosocial de l’élève concernée.

 

Claire-Luce Angouande


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