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Cyrille Bojiko raconte la fabuleuse histoire de « La Nuit du Rire »

Écrit par sur 12 décembre 2023




 

Cyrille Bojiko

Le président directeur général du Groupe  Balafon Media, organisateur de l’événement, nous a accordé une interview à l’occasion de la 18ème édition prévue le 14 Décembre 2023 à la Place Saint David, à Douala. Le promoteur d’événements culturels se décrit comme un passionné de l’humour. Cyrille Bojiko revient sur la genèse de « La Nuit du Rire », ses premiers pas plutôt assurés.  Il explique qu’il a toujours voulu servir des plateaux de qualité. Désormais, le journaliste-animateur prépare la mue de son rendez-vous. Ce sera dès 2025 un festival. Il annonce la participation des humoristes et comédiens confirmés d’ici et d’ailleurs. Ils se chargeront de faire progresser ceux-là  qui veulent leur ressembler

Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer l’événement « La Nuit du Rire » ?

J’ai toujours été personnellement passionné par le rire. J’ai toujours été avec les artistes de l’humour. Je me suis retrouvé avec un carnet d’adresses important dans ce domaine. Mais ce sont davantage Narcisse Kouokam et Tchop Tchop qui m’ont inspiré. A ce que je sache, Tchop Tchop est le premier à avoir organisé une soirée 100% humour couronnée de succès. C’était à l’ancien cinéma Le Wouri dans les années 2000.  Dix ans plus tard, Narcisse Kouokam voulait célébrer ses 35 ans de carrière et m’en a confié l’organisation. Alors j’ai fait cet événement avec lui en tête d’affiche unique. La salle était pleine. C’était un succès. Dès lors, les gens m’ont demandé  quand aurait lieu la prochaine édition, à quand une soirée avec tel ou tel autre ? Et là je me suis dit : « tiens, s’il y a une demande, cela veut dire qu’il y a une opportunité qu’il faut saisir ». Voilà comment je lance « La Nuit du Rire ». La première édition c’était avec Narcisse Kouokam.

Comment se font les premiers pas ?

Je réunis sur la même scène tous ceux que je connais comme comiques de talent. C’est un concept qui exige que chaque humoriste qui arrive offre un spectacle inédit. C’est-à-dire que ce soir-là, vous voyez ce que vous n’avez vu nulle part ailleurs. Ce sont des nouveaux spectacles bien travaillés qu’on sélectionne bien avant. C’est la condition car le public qui arrive veut voir des choses nouvelles. Au fur et à mesure, c’est devenu une véritable compétition entre les acteurs de la scène comique qui rivalisent de talent, de piques, de provocation, de dérision et d’ironie pour faire  rire les gens. De plus en plus, c’est devenu un casting gagnant.  Du premier au dernier, chacun réussit à jouer sa partition.

Comment  est faite  la sélection des artistes ?

J’ai une liste qui comprend une trentaine d’artistes. Je les appelle pour savoir s’ils ont un nouveau spectacle. Je cherche aussi à savoir de quoi il parle, s’il a été mûri, si son auteur est prêt à le proposer à un public, à combien il me le vend. On négocie comme cela et puis c’est parti.

Jusqu’ici qu’est-ce qui vous aura rendu heureux et moins heureux ?

Ce qui m’a rendu heureux, c’est la régularité du public. Ce sont les mêmes qui viennent.  Chaque année ils sont abonnés. Ils ont leurs deux dates. Cette fidélisation sans effort m’a beaucoup surpris et je bénis Dieu pour cela. La deuxième   satisfaction, ce sont les humoristes. Ils prennent très au sérieux ce rendez-vous. Personne ne se laisse faire. Dans nos conversations en privé, ils me disent comment ils ont le trac, la pression, qu’ils ne savent pas s’ils vont être applaudis. Et lorsqu’ils descendent de la scène et sont applaudis, sont heureux. Maintenant, de voir comment c’est devenu un rendez-vous qui anime la ville de Douala au mois de Mai à quelques jours de la Fête Nationale et en Décembre période des fêtes de fin d’année, me réjouit. C’est toujours à ce niveau qu’on situe ça. Ce qui me rend moins heureux  c’est le renouvellement de ces artistes-là. Il est vrai que les gars renouvellent leurs sketches,. Ce qui est bien, mais j’aimerais voir aussi de nouvelles pépites monter. Ils sont plus dans la web comédie, mais le stand up est une autre affaire. Sur ce point, il faut dire  qu’on n’en a pas beaucoup au Cameroun ! Ils ne sont pas très nombreux au Cameroun ! Pas même en France ou ailleurs ! C’est un domaine  très difficile.  Voir Markus, Kaiser Show, Moustik Le Karismatik, Ulrich Takam n’est pas donné ! Ce sont des gens qui travaillent constamment ! Parfois vous avez des gens comme Ulrich Takam qui font à la fois la web comédie et le stand up ! On se demande comment ils font ! Il y a Fingon Tralala  et Moustik qui ont chacun leur  troupe,  qui débarquent  là et font un jeu de scène incroyable ! Mais ce qui me rend un peu satisfait, c’est que je vais voir des jeunes comme Hector Flandrin  qui seront sur la prochaine scène. Il y a beaucoup de jeunes qui montent en ce moment, mais le nombre est pour moi assez mince par rapport à  la pléiade qui existe déjà. Il en faut un peu plus.

Y a –t-il des choses qui sont restées gravées dans votre mémoire ?

C’est Kaiser Show. Alors qu’il doit se produire à « La Nuit du Rire »  je l’appelle, il me dit qu’il est à Yassa (à la sortie Est de Douala). Je reste confiant tout au long de la soirée. Mais en fait, il n’était pas à Yassa/Il était à Yaoundé, à l’aéroport. Je lui dis : « mais pourquoi tu me fais ça ? On t’attend! Le gouverneur est là, on t’attend ! » Le vol a eu une heure de retard. Je me suis dit que c’était fini, je n’espérais plus. Je me demandais comment je vais faire pour expliquer aux gens que Kaiser n’est pas là.  Moustik était en train de faire son dernier numéro. Nous étions à dix minutes de la fin de la soirée. C’est là où Kaiser apparaît. Il sort fraîchement de l’aéroport. Il n’a même pas eu le temps de prendre ses bagages et a filé directement dans la salle. Il a joué et le public était heureux !  C’est après la soirée qu’il est reparti récupérer son sac à l’aéroport. Je n’oublierai jamais ça. J’ai eu trop peur  ce jour-là. Il m’a souvent fait ça.  Et maintenant, cela ne me dit plus grand-chose.

L’Affiche de « La Nuit du Rire » 18ème édition

Qu’est-ce que le public doit s’attendre à voir le 14 Décembre 2023 ?

Il y aura des innovations. Pour ceux qui ont vu les 7seven Awards, c’est presque la même scène qui a été reconduite. L’éclairage a été changé. Les sketchs sont nouveaux. De nouvelles  têtes comme Super Dongmo qui prend de l’ampleur en ce moment arrivent. Avec notamment Jeanne Mbenti qui arrive pour la première fois.  Ce sera l’occasion pour nous de rendre hommage à Blaise Kalaba qui a fait une sensation incroyable à la dernière édition. C’était formidable ! C’était pour nous dire au revoir. On lui rendra un hommage ainsi qu’à Ambassadeur Chinois.

Comment entrevoyez-vous l’avenir de cet événement ?

Nous voulons  en faire un festival. Nous sommes à 18 éditions. Nous voulons en faire encore deux l’année prochaine  et en 2025, nous voulons devenir le Festival de l’Humour. Avec des ateliers qui vont susciter des vocations. Markus est devenu moniteur humoristique. Il forme les entreprises à l’art du théâtre, de la comédie, etc. Major Asse et d’autres apporteront leur contribution. Ce sont les instructeurs que nous avons déjà  retenus. Et à l’occasion pourquoi pas faire venir Thomas Ngijol et d’autres personnalités de haut vol qui vont  rencontrer les jeunes humoristes camerounais et organiser des sessions, des révélations, des come-backs et des classiques?

Est-ce une bonne chose pour le Cameroun d’avoir plusieurs événements consacrés à l’humour ?

C’est une bonne chose. On a le stand up party de Markus qui est un magnifique événement formidable presque avec le même casting, mais pas dirigé de la même façon. On se plaît à aller chez Markus comme on se plait à venir chez Bojiko. Vous avez l’Afterwork de Senior Pastor qui est un concept  complètement différent ! Qui est chic glamour dans des hôtels 4, 5 étoiles. Il ne blague pas. Il élève très haut le niveau.  Ces spectacles sont toujours archi pleins. Il y avait Kaiser Show à un moment donné  à Yaoundé. Il y a Valéry Ndongo avec son concept dans la même ville. Il faut de l’émulation. Il faut donner du boulot à ces  humoristes. Ils veulent travailler.

 


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