En ce moment

Titre

Artiste

Background

Albert Zé : « On a l’impression que l’affaire « Bome François » est un problème d’intérêts »

Écrit par sur 24 mai 2024




 

Le ministère de la santé publique vient de suspendre le « Bome François », un médicament qui rencontre un certain succès et commercial. Les autorités sanitaires camerounaises ont réagi à la pression de l’Ordre National des Pharmaciens du Cameroun, lequel exigeait que ce produit médicamenteux quitte le secteur informel. L’économiste de la santé Albert Zé a réagi à  l’affaire le 23 Mai 2024 sur Radio Balafon. Voici des extraits de son intervention.    

 

Sur le laxisme des autorités sanitaires

 

« Il y a de cela quelques mois, j’avais demandé qui a donné l’autorisation de mise sur le marché à Bome François. Et en ce moment, tout le monde en rigolait. On disait que j’aime trop les polémiques et tout le reste. Il y a un processus qui est normal. Avant qu’on ait un produit comme celui-là qui va sur le marché, qu’il y ait toutes les vérifications possibles et toute l’expertise qu’il faut. Malheureusement pour nous, nous sommes toujours dans la réaction et non l’action. C’est-à-dire qu’on laisse les choses se produire. Er puis à un moment donné, on vient se rendre compte que « ah, c’est déjà sur le marché », on vient se rende compte que parfois ça marche très bien et c’est à ce moment qu’on vient trouver des solutions pour retirer du marché. En fait, les choses ne fonctionnent pas comme cela.  Quand je dis souvent que nous n’avons pas de système de santé, les gens me trouvent excessif. Parce qu’un vrai système de santé ne court pas derrière des situations comme ce que nous sommes en train de vivre aujourd’hui »

 

Sur les vertus du Bome François

 

« L’autre chose qui me gêne, c’est la manière,  le processus utilisé. Nous sommes déjà sur le terrain tout le temps. C’est une histoire qui aide les populations parce que beaucoup de personnes ont des retours positifs. Beaucoup de personnes estiment que c’est un produit qui les à soigner certains petits maux. La question c’est de trouver les moyens de rendre effectivement légal ce produit, qu’ on fasse des expertises qui sont approfondies de telle manière que l’on sache  les niveaux de toxicité dans la consommation de ce produit et par la suite, éduquer les populations. Parce que justement, on ne peut pas continuer toute notre vie à suspendre des initiatives locales. Je vais évoquer un cas que tout le monde connait, le professeur Anoma Ngu qui était décédé, qui dans ses recherches avait trouvé un produit disant qu’il soigne le VIH. Il a reçu les mêmes réprimandes. Alors qu’on aurait pu accompagner son  initiative et permettre que ce produit soit effectivement un produit légal et faire des expertises pour se rendre effectivement compte qu’on peut avoir une solution dans ce sens-là. Mais nous avons justement un groupe de personnes qui pense que tout se résume à la sanction.

 

Sur les autres produits médicamenteux non contrôlés en vente

 

 Ils viennent généralement sanctionner parce qu’aujourd’hui, ils veulent se rendre héros en sanctionnant Bome François alors que ce sont eux qui ont échoué dès le départ. Parce que si vous avez laissé un produit sans véritable expertise se mettre sur le marché sans autorisation, cela veut dire que vous avez échoué et aujourd’hui, vous ne pouvez pas venir nous montrer que vous êtes les sauveurs de notre santé parce que vous avez suspendu un produit que vous avez laissé dès le départ sans autorisation sur le marché. On a maintenant l’impression que c’est un problème d’intérêts pour certains qui estiment que pourquoi Bome François est venu, a réussi ce marketing là où plusieurs n’ont pas réussi. Il faut bien frapper puisque nous savons déjà aussi que lorsque l’Ordre des Pharmaciens sort pour frapper sur Bome François, nous savons qu’il y a beaucoup de médicaments en vente qui n’ont pas d’expertise, beaucoup d’autres venus de Chine qui n’en ont pas non plus et qui sont sur le marché. Nous souhaitons que comme ils se sont enfin réveillés de leur sommeil, qu’ils nettoient le marché pharmaceutique de tous ces produits-là afin que l’on puisse effectivement savoir s’ils ont fait le travail qu’ils devaient faire. »               

 

 

 


Les opinions du lecteur

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *