Rond Point Petit Pays, Des ménagères sur le trottoir, à la quête d’employeurs.

Written by on 16 novembre 2020

C’est le nouveau mode opératoire,  des femmes,  des hommes et autres pour dénicher une aide à domicile. Huit, dix, douze et parfois plus, elles sont agglutinées sur les palmiers ou alignées sur les bancs publics au lieu dit « rond-point petit pays » à Makepe – Douala, à la quête du pain quotidien. Rien de formalisé, et pourtant, ces dames de ménage,  semblent avoir des tarifs standards.

<< Normalement pour faire ce travail, s’il s’agit d’une maison de deux à trois chambres, avec deux enfants et dont le travail dure huit heures, on peut accepter 50.000 Frs cfa, mais s’il s’agit d’un duplex où il n’y a qu’une seule ménagère, il faut donner 70.000 F cfa ou 80.000 F cfa. >>

Si elles sont exigeantes sur le montant qui va avec leurs mains d’œuvres,  le client lui,  fait semblant de respecter les tarifs, mais la réalité sur le terrain,  est tout autre. Entre maltraitance, sous paiement et exploitation, tenir devient difficile,  comme le dit si bien, maman Girette.

< < Quand nous arrivons chez eux, ils ne nous traitent pas en êtres humains et pourtant ils ont aussi besoin de nous comme on a besoin d’eux. Donc ils devaient bien nous traiter. Voilà pourquoi certaines de nous reviennent après deux mois, d’autres reviennent même en pleurant, à cause de la maltraitance, puisque tu travailles, il ne te paye pas, parfois il te donne ton argent à moitié. >>

Une situation, qui ne permet pas à ces aides ménagères de fortune, de joindre les deux bouts.

< < S’ils nous payaient bien comme il se doit, on devrait pouvoir survivre, mais lorsqu’ils nous prennent de 07h à 18 h à 40.000 ça ne nous aide pas, parce que tu n’as plus le temps pour une autre activité. >>

Sans issue, face aux difficultés de la vie,  ces ménagères  ne demandent pas la lune,  mais juste un traitement meilleur.

<< Ils doivent prendre les ménagères que nous sommes comme eux mêmes, puisque nous qui travaillons chez eux,  on a la vie de leurs enfants et la leur entre nos mains. Ils devraient nous entretenir comme leurs mères, mais pour eux,  les ménagères sont comme des chiffons. >>

Voilà qui est dit,  peut-être ménagères, mais ceci ne fait pas d’elles des êtres moindres, alors espérons que désormais, ces mères, sœurs, grand-mères, seront traitées à leur juste valeur.

 

Cassandra BEGOUDE


Avis des lecteurs
  1. Dorine   On   17 novembre 2020 at 11h04

    C’est bien beau de porter un doigt accusateur sur leurs employeurs. Elles mêmes ont- elles un caractère irréprochable ? Je pense k le reportage aurait pu s’appesantir sur agissements des deux parties. C’est mon avis

    • Wilfried SAH   On   17 novembre 2020 at 16h25

      Bonjour Madame. Nous sommes d’accord avec vous. D’ailleurs acte 2 de ce dossier avec des employeurs a été diffusé ce jour dans l’émission Carrefour; vous aurez également un article d’d’ici peu. Merci pour votre retour

  2. Aristocrate   On   17 novembre 2020 at 20h57

    D’autant plus qu’on sait qu’on a la possibilité de chasser et remplacer à chaque moment, comment ne pas les maltraiter . Et surtout que le montant est plus que supérieur au salaire moyen régularisé par le gouvernement. C’est pathétique et ces femmes le font pas malgré elles , ce sont les conditions de la vie . Le plus souvent , certaines demandent plutôt à être hébergés , profiter du luxe , de la nourriture pour qu’enfin on dit aussi qu’elle est Douala pourvue qu’elle charge son téléphone et se maquille; qui sait ,un jour ou l’autre , un de ses quatre, elle peut être attiré par sa beauté y compris le milieu .

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