ENTREPRENARIAT FEMININ, VERITABLE SENTIER D’INJUSTICES AU CAMEROUN.

Written by on 9 novembre 2020

Malgré les formations offertes par les organisations diverses et les soutiens multiformes apportés par le ministère de la promotion de la femme et de la famille, la femme entrepreneure souffre encore d’un sérieux problème de discrimination.

 

« Croire qu’elle n’est pas capable, qu’elle ne vaut pas plus qu’une paire de seins et de fesses ». Ils ne sont pas rares qui cheminent encore dans ce couloir sombre de la pensée vis-à-vis de la femme. Valgadine Tonga journaliste, en a fait l’expérience un nombre de fois dit-elle, devenu incalculable.

La trentenaire, directrice de publication du journal en ligne La Voix du Koat, doit travailler dur chaque jour pour faire vivre sa structure. Cela implique très souvent de nouer des partenariats. Mais sur le terrain confie t-elle : « Avaler une noix de coco entière est plus aisée que d’obtenir un partenariat dans une entreprise. ». Si ça n’avait été que cela, on serait encore dans la marge du tolérable. Mais il y a que, poursuit-elle, sa condition de femme est le premier obstacle au développement de son projet. « Autour de moi j’entends ‘’Tu es trop dure’’. Tu as les éléments de contrat sur toi, offre les pour quelques minutes et tu auras les millions… » raconte la jeune femme. Des mots qui dit-elle résonnent encore en elle tels des coups de poings.

Au bout du compte, déjà 4 ans, soit près d’une demi décennie d’existence et pas un seul contrat décroché avec une multinationale. Elles sont pourtant bien nombreuses à solliciter la petite entreprise fort de sa visibilité, pour des couvertures médiatiques, lui offrant en retour…des promesses et rien que des promesses. Jusqu’ici soutient cette directrice de publication, il faut conjuguer uniquement avec des particuliers ou Pme dont la collaboration très souvent et malheureusement, est loin d’être à la taille d’un rafraichissant pour les caisses. Conséquences, garantir les salaires de son équipe n’est pas une tâche aisée.

Gageure perpétuelle

« En face de toi de jeunes confrères qui n’ont pas encore ta notoriété, sont bien reçu, à la limite respecté par le service communication de l’entreprise dont il sollicite le partenariat.» ; se souvient Valgadine Tonga, après avoir été rabroué par un responsable du Port autonome de Douala qui a pesté à la présentation de son média. Toute chose qui fait dire à la directrice de publication que les hommes, ne voient pas en la femme l’intelligence, le dévouement, le travail.  Et son expérience l’a conduite à la conclusion selon laquelle le mépris nourri envers la femme entrepreneure, les étiquettes d’incapable et d’objet de plaisir qui lui sont collées, sont loin de pouvoir lui être enlevé. Flore Chandeup patron d’une autre pme à Douala a encore en mémoire cet échange téléphonique ou pour conclure la négociation houleuse, son interlocuteur a demandé à parler au Boss. « C’est moi le Boss » avait t-elle répondu avant d’entendre le combiné raccroché sans plus un mot.

Au Cameroun, les femmes constituent un potentiel et une force de travail importants. Selon le ministère de la promotion de la femme et de la famille elles représentent 50,5%, soit un peu plus de la moitié de la population. Mais pour plusieurs d’entre elles, il est impératif de s’armer chaque jour d’une bonne dose d’auto-motivation. Seule recette pour ne pas baisser les bras

Gertrude Fernande BITJOKA


Avis des lecteurs

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Les champs requis sont indiqués *



Current track

Title

Artist